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Déclaration à propos de la Fédération

1 - En 2008, des militant(e)s issu(e)s des Verts se sont engagés dans un projet de regroupement à la suite de l’appel lancé par Politis. L’idée d’une Fédération rassemblant divers acteurs : communistes unitaires, alternatifs, écologistes, collectifs unitaires anti-libéraux représentait un pas en avant dans la recomposition et l’espoir de contribuer utilement à l’émergence d’une nouvelle force de transformation sociale et écologiste.
Les principes du pluralisme, de la double appartenance, de la recherche du consensus entre des traditions et des cultures diverses constituaient un élément essentiel dans l’idée de Fédération. Il s’agissait ainsi de démontrer dans la pratique qu’aucune organisation actuelle n’est à elle seule à même de constituer le noyau susceptible de constituer une alternative politique. De même, la méthode privilégiée a consisté à construire ensemble sans attendre de se mettre d’accord sur le projet et la stratégie en faisant le pari que les avancées communes relativiseraient les divergences existantes.

2 - Sur cette base se sont tenus en février 2009 un meeting de lancement et une réunion nationale autour du projet de Fédération. Malgré le caractère un peu décousu de la préparation, nous avons ainsi pu vérifier qu’une dynamique existait tant au plan local que national. Des réunions de présentation se sont déroulées dans de nombreuses villes avec une participation significative de l’intérêt porté à la démarche par des militant(e)s et des citoyen(e)s ne se retrouvant pas ou plus dans l’offre politique actuelle à gauche.

3 - Malgré cet enthousiasme, des pesanteurs non négligeables ont néanmoins pu être constatées :
- Même si « Ecosol » et « AlterEkolo » se sont déclarées partie prenante de la Fédération, force est de constater qu’à ce stade peu de personnes se sont investies. Pour l’essentiel seul quelques militant(e)s ou groupes sortis des Verts furent disponibles malgré des départs massifs ces deux dernières années. Le scepticisme constaté porte le plus souvent sur le manque de visibilité médiatique et l’absence de poids électoral. Dès lors la faiblesse du courant écologiste ne pouvait qu’avoir des conséquences en terme d’orientation. L’incapacité à adopter le sous-titre accordé lors du lancement – pour une alternative sociale et écologiste – au nom Fédération montre bien que pour nos partenaires l’écologie reste un élément de programme, certes important, mais en aucun cas une identité extérieure. L’idée de la nécessité de disputer aux Verts le monopole de l’écologie ne rencontre que peu d’adhésion dans une culture encore très marquée par les remises en cause au sein de la gauche traditionnelle.
- Réticents dès le départ sur le projet en lui-même (ils auraient préféré la construction d’une organisation autogestionnaire plus délimitée), les Alternatifs conçoivent la Fédération pour l’instant plus comme un cadre d’information et de débat commun que comme un premier pas vers le dépassement des structures existantes. A chaque étape du processus ils n’ont jamais renoncé à mettre en avant leur propre apparition ce qui ne peut qu’affaiblir l’idée d’un nouveau construit politique. A cet égard les négociations séparées pour les européennes sont une caricature de ce qu’il ne fallait pas faire, d’autant qu’au final, une fois de plus, ils en sont réduits à ne pas participer à une échéance électorale faute de trouver une majorité en leur sein pour une des options disponibles.
- Une sensibilité forte demeure en particulier au sein de la CNCU pour faire du thème de la lutte contre les dérives de la forme-parti, des structures pyramidales, un axe essentiel de la Fédération. Sans sous-estimer cette dimension et instruits par l’expérience acquise chez les Verts, nous tendons plutôt à mettre l’accent sur les racines sociales et politiques des phénomènes de bureaucratisation. En outre, nous ne pensons pas qu’une force puisse s’abstraire de la société pour constituer un « îlot autogestionnaire » et bannir toute délégation de pouvoir. La question des formes internes est moins déterminante que les capacités d’intervention externes dans la société.

4 - L’ensemble de ces difficultés s’est cristallisé autour de la question des européennes. Après l’échec des tentatives unitaires des présidentielles, législatives et municipales, il était temps de s’interroger sur le sens d’une campagne pour des listes « du PC au NPA ». Outre l’aspect purement propagandiste de l’opération (qui n’est pas toujours inutile), elle présente l’inconvénient de se focaliser sur une période, celle du « Non » au TCE très différente de la conjoncture actuelle. Remarquons aussi que l’unité de la « gauche anti-libérale » laisse de côté encore une fois le terrain de l’écologie et de l’espace occupé par les Verts.
Enfin les velléités d’alliance avec le NPA font l’impasse sur les divergences majeures avec cette organisation. La question de l’unité de toute la gauche et des écologistes autour d’un programme alternatif à la droite est aujourd’hui indispensable. Ce n’est pas en réalité la position des amis d’Olivier Besancenot. Pour eux toute avancée est impossible sans rupture totale et immédiate avec le capitalisme, ce qui empêche une apparition unitaire ayant un sens autre que purement protestataire. Au total le positionnement « l’unité sinon rien » adopté par la Fédération et ses diverses composantes s’est avéré sans doute utile localement en interpellant publiquement les autres forces politiques, mais n’a pas permis d’exister sur la scène nationale. Donner des leçons unitaires, tout en restant spectateurs, n’est pas un gage de réussite.

Cette leçon vaut y compris pour les écologistes. Notre présence chez les Verts, le soutien apporté dans le Sud-Ouest à la liste Bové, excluait toute possibilité d’aider la Fédération à peser sur le Front de Gauche, ce dernier étant surtout intéressé par une éventuelle présence écologiste. De même, la double appartenance au PC des communistes unitaires a encore compliqué les relations avec les éventuels partenaires de la Fédération.

Il est maintenant indispensable de tourner la page et de prendre en compte le caractère durable de la scène politique à gauche du PS telle qu’elle est en train de se structurer. Il faut choisir dans quel espace il devient prioritaire d’agir. Il serait suicidaire de reproduire jusqu’en 2012 des appels à l’unité qui ne trouvent que très peu d’écho au sein de la masse de la population.

5 - Pour notre part, nous avons toujours conçu la Fédération comme une structure transitoire, s’inscrivant dans une dynamique de rassemblement plus large. Depuis l’année dernière, plusieurs facteurs doivent nous conduire a accélérer le mouvement.
- En premier lieu l’actualité sociale pose avec force la question du débouché politique et plus précisément des orientations sur lesquelles une gauche à vocation majoritaire pourrait se rassembler.
- L’émergence du Parti de Gauche est venu occuper un espace déjà fortement encombré. Pour le plus grand nombre les différences avec la Fédération ne sautent pas aux yeux.
- Face aux urgences du moment, l’heure n’est pas à la constitution d’un groupuscule supplémentaire, ni au repli sur des recherches théoriques aussi utiles soient-elles. Aussi nous souhaitons que la Fédération envisage son dépassement dans les mois qui viennent.

L’objectif à terme est de faire naître une nouvelle organisation écologiste et alternative et d’unifier l’espace situé entre le PS et le NPA. Au cours de l’année 2009, nous proposons que la Fédération engage un dialogue avec le PG pour explorer les possibilités de dépassement et de dynamique commune.
La Fédération doit aussi être présente sur le terrain de l’écologie politique. Elle s’adressera aux Verts ainsi qu’aux formations soutenant la décroissance pour étudier avec eux la possibilité de faire avancer l’idée d’une grande force écologiste et altermondialiste.

 

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