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Altermondialistes et écolos : on continue !
La France s’est réveillée en vert lundi 8 juin, et c’est un immense espoir que toute une partie de notre population prenne enfin conscience de l’urgence de mettre l’écologie au coeur du champ politique. Cet espoir peut être le Jour J de l’écologie comme il peut s’avérer n’être qu’un simple feu de paille. Tout dépend de nous, tout est ouvert, c’est d’ailleurs pour cela que l’horizon politique a rarement été aussi excitant. Pour la première fois depuis longtemps, une force alternative à la social-démocratie fait jeu égal avec le PS dans les urnes. Et c’est l’écologie politique !

Mais au-delà de ce constat, ces élections européennes sont inquiétantes à deux égards : d’abord un taux d’abstention européen historique de 57,06 % ; ensuite des résultats qui confirment partout en Europe une victoire des droites et une percée de l’extrême droite. Alors qu’ils sont en grande partie responsables de la crise actuelle, une bonne partie des conservateurs se retrouve confortée dans ses choix néo-libéraux et productivistes. Il va donc falloir se battre comme jamais pour défendre une autre Europe : sociale, écologique, altermondialiste, féministe et démocratique pour la réconcilier avec des citoyens qui la boudent de plus en plus.

L’ampleur des crises rend urgente la mise en oeuvre d’une transformation écologique. L’ampleur des crises ne permet pas de se contenter d’un capitalisme vert. Croissance verte », « développement durable »... le /greenwashing/ se propage et les acteurs politiques et économiques n’en finissent plus de se découvrir nouveaux convertis à l’écologie. Or nous n’avons plus le temps. Face aux risques d’irréversibilité de la crise environnementale, à la gravité de la crise économique et au désastre social qui les accompagne, il n’est plus possible de colmater les brèches. Alternative à l’échec dramatique du système capitaliste, l’écologie politique apporte des solutions novatrices et crédibles non pas pour le « refonder », mais pour en sortir.

Un pied dans les mouvements sociaux, l’autre dans les institutions

Il s’agit de se battre sur le terrain, dans les luttes, à commencer par la mobilisation cruciale à l’occasion du sommet de Copenhague. A cet égard, le champ syndical, par exemple, est en pleine évolution et il faut aller à sa rencontre. La transformation écologique doit partir des salarié-e-s. Ceux-ci ne peuvent rester les éternels subordonnés dans la sphère de la production. Le monde du travail et de la création est la nouvelle frontière de l’écologie.

Le changement passe aussi par la participation aux institutions. Dans un contexte difficile où la droite est hégémonique, le groupe vert européen mène au Parlement un travail utile, même si la cohérence du Parti vert européen reste à approfondir, notamment quand on pense à certains partis verts qui gouvernent avec la droite. Il reste que l’envoi de députés écologistes au Parlement européen était un enjeu important et qu’à cet égard, Les Verts, avec Dany Cohn-Bendit, José Bové, Eva Joly ou Yannick Jadot, ont su prendre leurs responsabilités, innover, s’ouvrir, en portant un rassemblement des écologistes sans précédent, à travers Europe Ecologie.

Poursuivre le rassemblement, continuer l’aventure !

A nous de poursuivre l’aventure et d’inventer de nouvelles formes d’engagement politique, horizontales, attrayantes, souples. Un espace politique largement ouvert aux individus comme aux groupes constitués doit se construire, avec les Verts. Ce nouveau réseau doit trouver des moyens démocratiques de prendre les décisions, de partager les responsabilités et d’élire des représentant-es.

Cette volonté de faire de la politique autrement doit nous encourager à élargir le rassemblement notamment en direction des objecteurs de croissance et des altermondialistes anti-productivistes, et plus généralement des groupes politiques de gauche soucieux de répondre conjointement aux urgences sociale, environnementale et démocratique.

D’autres militant-e-s — syndicalistes, féministes, militants d’associations de consommateurs, de défense des libertés publiques, de l’économie sociale et solidaire, des collectifs de sans-papiers, anti-pub, du droit au logement, des collectifs de précaires ou de chômeur-ses - peuvent aussi nous aider à construire un large mouvement capable de redonner confiance en la politique à celles et ceux qui, de désillusions en désillusions, s’en sont progressivement éloignés.

Croissance verte ou écologie populaire ?

Notre écologie remet radicalement en cause les modèles de production et de consommation actuels. Elle lutte contre les inégalités sociales et environnementales. L’écologie est une force capable de subvertir les dominations. Cette écologie populaire n’est pas un luxe pour les riches, elle est une nécessité, en particulier pour les plus pauvres, qui sont les premiers à souffrir des maladies au travail, de la malbouffe ou des dérèglements climatiques.

La répartition des richesses est donc au coeur de notre démarche, tant il est vrai que ce sont nos modes de vie et de production actuels qui détruisent la planète et accroissent les inégalités au Nord comme au Sud. Mais une nouvelle répartition des richesses ne peut pas faire l’économie d’une nouvelle définition de la richesse elle-même. La croissance à tout prix, au prix de la qualité de la vie, de la souffrance au travail, ou de la destruction de nos cadres de vie, est un problème, en aucun cas une solution.

Voilà pourquoi l’écologie est le nouveau visage de la gauche. De son côté, la social-démocratie ne promet rien d’autre que de gérer la crise. En France, elle n’a pas d’autre argument que le vote utile, qui peut s’effondrer dès lors que les électeurs, à la proportionnelle, peuvent voter selon leurs convictions profondes. Elle est en panne de projet au moment où l’écologie apparaît de plus en plus largement comme un vecteur d’émancipation collective et individuelle. A cet égard, l’élargissement de l’électorat écologiste est plein de promesses, avec des scores inattendus dans nombre de quartiers populaires, qui nous placent en tête à Hérouville St-Clair, Montreuil, Saint-Ouen, Saint-Denis...

Notre engagement au sein de ce rassemblement des écologistes inédit doit permettre que cette conception de l’écologie radicale ne soit pas dénaturée, mais enrichie de l’apport d’autres militant-e-s d’horizons différents. Crise environnementale, injustices sociales et conflits postcoloniaux sont les différentes facettes d’une même crise, la crise d’un capitalisme qui sévit désormais sur toute la planète et impose un ordre injuste. Face à une crise à plusieurs facettes, l’alternative ne peut être portée que par une multitude de visages !

Ce rassemblement permet, aux élections régionales, de présenter aux citoyen-ne-s le projet original que nous portons à travers des listes autonomes, ouvertes à la diversité de l’écologie politique, dans toutes les régions. Mais le premier test de notre utilité a lieu dans quelques mois à l’occasion du sommet de Copenhague, dont les enjeux sont environnementaux - réduirons-nous nos émissions de gaz à effets de serre de 40 % d’ici 2020 ? -, sociaux - qui paiera les efforts nécessaires ? - et altermondialistes - quel règlement de la dette écologique aux pays du Sud ? C’est aussi à l’aune de notre capacité à réussir ce « Seattle du climat », à la fois dans les rues et dans les négociations officielles, que nous pourrons mesurer la réussite du mariage de l’altermondialisme et de l’écologie.

Françoise Alamartine, Martine Alcorta, Marie-Elisabeth Allaire, Marie Aoustin, Thierry Baffou, Francine Bavay, Stéphane Bernard, Alban Blanchard, Dominique Blanchard, Nicolas Bonnet, Michel Bourgain, Jacques Boutault, José Bové, Nicolas Calvet, Dominique Carré, Jean-Pierre Chane-Alune, Pierre Christophe, Yannick Comenge, Daniel Compère, Yves Contassot, Alban Cormerais-Hybert, Emmanuelle Cosse, Alain Coulombel, Laurent Coumel, Anne De Rugy, Gilles Deguet, Karima Delli, Pascal Desclaux, Françoise Diehlmann, Manuel Domergue, Bernard Dréano, Benoît Ducasse, François Dufour, Janine Duranton, Yasin Dursin, Patrick Farbiaz, Frédéric Farid Sarkis, Danielle Fournier, Sylvain Garel, Nadine Garnier, Patrick Garnon, Arnaud Ginions, Jérôme Gleizes, Séverine Goudiguen, Denis Grandjean, Alain Grognou, Claire Grover, Alain Gruenais, Jacqueline Guénin, Michel Hamon, Erik Hedreul, Max Horde, Maxime Huré, Simon Imbert-Vier, Marie Isabelle Heck, Cécilia Joxe, Benjamin Joyeux, Jean Lafont, Annie Lahmer, Florence Langevin, Marc Lasaygues, Yannick Lavenne, Julien Lecaille, Gilles Lemaire, Michèle Lemaitre, Gérard Leras, Elise Lowy, Dominique Luangpraseuth, Pierre Lucot, Jacob (J.) Lumier, François Maillard, Fabien Mallet, Pierre Minnaert, Charlotte Nenner, Hervé Pérard, Olivier Peray, Bernard Péré, Patrick Petitjean, Guy Philippon, Henrique Pinto, Dominique Plancke, Daniel Rondepierre, Christophe Rossignol, Agnès Rousseaux, Vincent Rubin, Eros Sana, Céline Scavennec, François Simon, Marc Simon, Jacques Stambouli, Mylène Stambouli, Frédéric Supiot, Jean-Samuel Szakow, Jean-Marc Tagliaferri, Marc Tautou, François Thiollet, Joelle Tomasini, Michel Wilson, Muttiah Yoganathan
 

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