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Oui au débat entre écologistes pour une alternative à gauche !

Le 15 décembre 2011, Clémentine Autain et Stéphane Lavignotte ont publié sur leurs blogs respectifs un texte qui a beaucoup circulé depuis, sur les listes d’EELV et sur celles des gauches alternatives. S’adressant, de là où ils sont, à toutes celles et ceux qui, au sein d’EELV ou ayant depuis peu quitté EELV, s’interrogent sur le devenir de ce parti et/ou sur leur propre engagement écologiste, elle et il nous invitent au débat.

Militants, anciens militants et amis d’EELV, écologistes hors-partis et/ou régionalistes, nous acceptons bien volontiers cette offre et nous appelons à participer à ces échanges. En préalable, nous les remercions de la manière très sensible dont leur texte aborde le malaise que l’on peut ressentir quand on se perçoit en porte-à-faux avec une organisation au développement de laquelle on a contribué activement pendant des années. Il y a plus d’attention à l’autre dans leur démarche que dans bien des échanges entre organisations ou internes à notre parti.

Pour l’essentiel, nous partageons l’approche de l’écologie politique que développe leur texte : écologie d’invention et de rupture, et non d’accompagnement de l’ordre existant. Nous constatons l’impasse que représente l’accord conclu entre EELV et le PS tel qu’il est : englué dans un sociallibéralisme hors d’âge et ignorant des questions environnementales. Outre le fait que cet accord augure mal d’une dynamique de victoire, pourtant bien nécessaire, lors des échéances électorales de cette année, la participation de ministres EELV à un gouvernement désigné sur ces bases relèverait de la faute politique grave envers l’écologie. EELV s’est fondée sur une double promesse d’ouverture : aux mouvements écologistes hors partis politiques et aux écologistes engagés dans les partis.

Chiche ! Nous faisons le pari de la rupture avec le nombrilisme organisationnel. Alors que la Coopérative peine à décoller et à trouver ses marques, quel est le pouvoir d’attractivité d’un parti qui instrumentalise puis sacrifie si manifestement les luttes écologistes les plus emblématiques ? Alors que tant d’efforts ont été déployés pour séduire des environnementalistes centristes, voire de droite, alors que l’écologie est incompatible avec le capitalisme, pourquoi refuser de reconnaître la progression de l’écologie parmi les gauches ?

Nous nous sentons reconnu-e-s dans notre militantisme par le texte de Clémentine et Stéphane et à notre tour, nous voulons pleinement reconnaître l’engagement écologiste de celles et ceux qui militent pour les mêmes causes que nous, mais dans d’autres organisations, ou hors de toute structure. Nous voulons échanger sur nos difficultés respectives, sur les contradictions que chacun-e rencontre là où il/elle se trouve, sur les possibilités de construction collective au service de l’écologie. Nous voulons agir ensemble, dans le respect de nos différences. Dans la période de recomposition politique actuelle, avec le flou et les incertitudes qu’elle charrie, nous avons besoin de décentrement, d’altérité, de tout ce qui nous permettra de sortir, au moins un temps, d’un horizon partisan trop étriqué et de luttes internes trop médiocres. Nous voulons nous donner les moyens collectifs de réfléchir sur ces éventuelles recompositions, en particulier à gauche, et de peser sur elles, en refusant de nous laisser enfermer dans ces logiques de patriotisme partidaire qui transforment des proches en ennemis et empêchent de reconnaître qu’il y a une pluralité de positionnements utiles à l’écologie.

Nous ne partageons pas toutes et tous les mêmes projections dans l’avenir, en particulier dans le court terme, concernant le lieu de notre militantisme écologiste : certain-e-s ont déjà quitté EELV, d’autres le feront à des rythmes différents, d’autres poursuivront le combat interne à ce parti. Mais nous nous retrouvons sur un point : nous n’abandonnerons pas ! Participer à cette initiative, ça n’est pas se précipiter d’un parti à un autre, d’un mouvement à un autre, parce que « L’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs », mais c’est ne pas renoncer, parce que, toutes et tous, nous avons besoin de faire naître un espace d’échanges, de propositions et d’initiative politique transpartidaire nécessaire à la vraie dimension de l’écologie de transformation pour mieux mesurer où et comment peser et avec quelle efficacité, dans et par delà les prochaines échéances électorales.

Signataires : David Berly (EELV IdF), Guillaume Blavette (EELV, Haute-Normandie), Robert Bordin (EELV PACA), Alima Boumédienne-Thierry (ex-EELV, IdF), Albano Cordeiro (ex-EELV, Ile-de-France), Cyril Cognéras (ex-Les Verts, Les Alternatifs, Limousin), Bruno Diano (ex conseiller régional vert Bourgogne , Front de gauche), Véronique Dubarry (EELV IdF), Jean- Luc Fauche (EELV PACA), Thomas Giry (EELV IDF), Jean-Pierre Meyer (ex Vert, Alternatifs, front de gauche, Rhône-Alpes), Simon Imbert-Vier (EELV), Régis Lecuru (ex-coopérateur EELV Picardie), Elise Lowy (EELV), Marcel Meaufront (ex-EELV, Fase, PACA), François MAILLARD (ex EELV, FASE, Normandie), Rostom Mesli (Front de Gauche), Gilles Monsillon (ex-EELV, FASE, Ile-de-France), Mylène Stambouli (ex-EELV, Front de gauche, Ile-de-France).

 

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